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Félibrige et religions

Sous la direction de Régis Bertrand. La Thune, 2008, 232 p.
13,00 €

Couverture cornée

Les rapports du Félibrige avec les religions présentes dans les régions de langue d'oc ne sauraient être réduits à quelques stéréotypes. Le Félibrige s'est voulu non confessionnel et a dû tenir compte de la diversité religieuse du Midi, de la variété des convictions ou des refus de ses membres, voire d'un certain "paganisme gréco-latin" présent dans ses productions littéraires. Mistral a su faire leur place aux Juifs du pape, aussi bien au Museon arlaten que dans le Trésor du Félibrige. En revanche, ses rapports avec le protestantisme ont été difficiles. Napoléon Peyrat, l'historien du catharisme, est resté hors du mouvement mais le protestant Pierre Dévoluy a été promu au capouliérat. Parmi les catholiques, le capelan-felibre, souvent modeste curé de campagne, a été un personnage du Félibrige.

La langue d'oc n'a pu occuper qu'une place modeste dans les liturgies catholiques jusqu'au concile de Vatican II. Ce dernier a permis la traduction intégrale du missel et du lectionnaire, travail d'équipe et de longue durée. La création religieuse en provençal, souvent poétique, s'est accompagnée de la prédication orale et imprimée. L'ambition de faire entrer dans la littérature provençale le grand genre prestigieux de l'éloquence sacrée est ainsi manifeste dans le recueil de panégyriques du chanoine Grimaud.

Le Félibrige a voulu graver dans la pierre l'existence de la langue provençale : l'inscription de la Croix-de-Provence sur la Sainte-Victoire en est un exemple. Il a participé à "l'invention de la tradition" : qui sait que Mistral n'a jamais connu le nombre de "treize desserts", mis au point par les félibres de la génération suivante ou que le rituel actuel du "pastrage" est félibréen ? Les rituels collectifs du mouvement et sa religiosité à l'égard de la langue et de la petite patrie ont été également étudiés.

Cet ouvrage qui comble une lacune des études régionales montre la variété des rapports entre le Félibrige et les religions et l'originalité d'un mouvement qui n'a guère eu, par sa durée et ses objectifs, d'équivalent véritable en France.

 

Table des matières

Présentation - Foi en la langue et foi en Dieu, par Régis Bertrand

 

Félibrige et appartenances religieuses

Mistral et les Juifs en Provence, par Roger Klotz

Protestantisme et Félibrige : autour de Napoléon Peyrat et de Pierre Dévoluy, par Patrick Cabanel

Un exemple de capelan-felibre : l'abbé Léon Spariat (1861-1936), par Albert Giraud

 

La langue provençale à l'Église

L'enjeu du "prouvençau en cadiero" et de la presse religieuse en provençal, par Dominique Javel

Les Sermoun e panegiri prouvençau du chanoine Grimaud, par Pierre Pasquini

La traduction en lengo d'o du missel et du lectionnaire à la suite de la réforme liturgique de Vatican II, par Pierre Causse et Paul Nougier

 

Action félibréenne, foi et tradition

Épigraphie félibréenne et christianisation du paysage : le concours pour l'inscription de la Croix de Provence (1873), par Régis Bertrand

Rituels et religiosité dans le Félibrige, de 1854 à 2006, par Rémi Venture

Félibrige et fêtes de Noël en Provence : L'invention de la tradition, par Régis Bertrand

 

La Thune, 2008, 232 p.