La passion cathare - 6 tomes

De Michel Peyramaure. Famot, 1977-1978, 1850 p.
20,00 €

Excellent état général. Petite annotation manuscrite sur chaque première page ("HIST").

La Passion cathare, en 6 tomes.

 

Les fils de l'orgueil

Le Languedoc vivait heureux, en ces premières années du XIIIe siècle. Du Lauragais jusqu'au Rhône, dans les belles et opulentes cités de Toulouse, de Carcassonne, de Narbonne, de Béziers, de Montpellier, d'Albi, dans les châteaux où fleurissaient les cours d'amour, régnaient un air de légèreté et de liberté, un bonheur de vivre qui contrastaient avec la rudesse des pays du nord de la Loire - la France de Philippe Auguste et de ces grands barons qui ne rêvaient que batailles et conquêtes. C'est de là, précisément que, dans l'été de l'année 1209, déferla le malheur : l'armée innombrable des croisés que le pape Innocent III lançait sur le Midi pour en extirper l'hérésie cathare. Du massacre de Béziers au bûcher de Montségur, le calvaire du Languedoc allait durer trente-cinq ans.

C'est cette grande et terrible histoire, jamais effacée, que Michel Peyramaure a entrepris de nous conter. Tous les personnages sont là : Raymond VI de Toulouse, le vicomte Trencavel, le légat Pierre de Castelnau, Dominique de Guzman, l'abbé Arnaud-Amaury, Simon de Montfort, et les "croyants" et les "bons hommes", les seigneurs occitans et les chevaliers français, et les pèlerins et les ribauds, en foule. Célèbres ou inconnus, historiques ou non, ils animent cette vaste fresque de leurs passions, de leurs amours et de leur foi.


Les citadelles ardentes

La guerre, l'amour... L'amour, la guerre... Le cycle se poursuit et s'intensifie dans ce deuxième tome de La passion cathare qui succède aux Fils de l'orgueil. Aux tempêtes des passions répondent celles de la guerre.

La guerre ? Elle a pris le visage de Simon de Montfort. Le terrible baron d'Île-de-France, après les coups de tonnerre de Béziers et de Carcassonne, s'avance avec l'armée croisée à travers les terres hostiles de l'Occitanie, enlève les redoutables citadelles de Minerve, de Termes, de Cabaret, de Lavaur... En un seul été de batailles et de chevauchées, il conquiert la moitié des territoires de Trencavel et des comtes de Toulouse. Son rêve est en train de prendre corps : devenir le maître, après Dieu, le pape et le roi, de cet immense domaine.

Cet espoir se précise dans la plaine de Muret. Frappant comme la foudre, il pulvérise la coalition occitano-espagnole groupée autour de son principal adversaire : le roi Pierre II d'Aragon, le "tueur de Maures". Est-ce la fin de l'Occitanie ? Pas encore. Simon échoue sous les murs de Beaucaire et s'épuise devant Toulouse qui vit en état permanent d'insurrection.

L'amour ? Il a pris ici le double visage de Fabrissa de Roaix et de Loba de Cabaret - Fabrissa, petite lumière dans les horreurs de la guerre ; Loba, flamme ardente dans le vent des passions.

De la première à la dernière page, ce livre brûle les mains. À ce point de l'histoire, la question se pose encore : des croisés ou des comtes de Toulouse, de la civilisation du Nord ou de celle du Midi, de l'Église de Rome ou de celle des Purs, qui l'emportera ?

Et les regards se tournent vers Montségur.

 

La tête du dragon

Trois grandes femmes voilées de noir, aux cheveux crépitant d'étincelles, se tenant par la main et chantant avant de se précipiter dans les flammes... C'est la dernière image qu'Alain de Pujol gardera du bûcher de Montségur.

Pour en arriver à cette gigantesque crémation de plus de deux cent cathares, il aura fallu la coalition des deux plus grandes puissances du monde d'alors : le roi de France et l'Église de Rome. Quarante années de guerres, de massacres, d'oppression. Quarante années au terme desquelles, pourtant, rien n'est encore tout à fait terminé. Le comte Raymond de Toulouse, le jeune et fougueux Trencavel, les comtes de Foix et de Termes, tous les grands féodaux d'Occitanie ont mis bas les armes. Mais qui, en cette année 1244, en ce mois de mars où fument les derniers brandons du bûcher, qui pourrait affirmer que c'en est fini de l'hérésie ? Alain de Pujol, quant à lui, persuadé que l'espoir n'est pas mort, reprend avec son épée le chemin des solitudes...

Ainsi s'achève La passion cathare, la grande fresque que Michel Peyramaure a consacrée à l'illustration du long combat pour l'indépendance et la liberté mené par ses frères occitans il y a sept siècles et toujours vivant dans la mémoire du Midi languedocien et toulousain. C'est désormais dans les trois romans qui la composent - Les fils de l'orgueil, Les citadelles ardentes, La tête du dragon - que revivra, avec le plus de vérité et de force, l'un des épisodes les plus hauts de l'histoire de la France.

Famot, 1977-1978, 6 tomes, 302 +288 + 352 + 286 + 288 + 334 p.

Auteur
Michel Peyramaure