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Et Dieu reconnaîtra les siens

De Jean-Louis Marteil. Loubatières, 1994, 288 p.
8,00 €

Bon état, quelques traces sur la couverture

Roman.

"Et Dieu reconnaîtra les siens"... Béziers, 22 juillet 1209. Au début de la croisade contre les cathares, une ville entière rayée de la carte... 20000 morts. Cette phrase terrible, précédée du fameux "Tuez-les tous !", n'a peut-être pas été prononcée. Qu'importe ! Elle correspond néanmoins à une réalité. Toutefois, avant d'en arriver là, il fallut trouver un prétexte pour déclencher le carnage. Le casus belli, ce fut l'assassinat de Pierre de Castelnau, légat du pape, le 14 janvier 1208, sur les bords du Rhône. Introuvable assassin... Sans nom, sans visage, sans autre expérience bien réelle que la mort d'un homme d'Église qui attira sur le comté de Toulouse une impitoyable guerre. Cet assassin, l'auteur le nomme, le décrit, le fait vivre sous nos yeux, lui conférant une présence qu'il n'a jamais eue. Pourtant ce n'est pas si simple : un crime peut-il être trop tôt jugé, rangé si vite au rayon des accessoires nécessaires et néanmoins fugitifs qui font notre histoire ? Ce roman n'est pas seulement cela : s'il propose une solution à un problème qui n'en a pas, il s'attarde aussi sur ces questions encore trop actuelles à travers lesquelles s'affrontent le pouvoir et le coeur, la raison d'État et la justice, la tolérance et la tentation de la violence... il se promène sans concession au tréfonds d'une époque pas si lointaine où l'homme médiéval est sans cesse confronté à la nature, où luttent toujours pour s'imposer la foi et la superstition. Au long de ces pages, on croise l'aigle et le loup, le corbeau qui plane sur les châteaux comme le lancinant présage d'une menace toujours présente. Le légat du pape est mort. Est-ce là l'important ? Où bien vaut-il mieux s'attacher aux hommes, à leurs sentiments et à leur âme, où règne à jamais la seule vérité qui vaille ?

Auteur de théâtre, Jean-Louis Marteil est entré en littérature par la grande porte : celle de France Culture, en novembre 1992. De sa pièce Et Dieu reconnaîtra les siens est né ce roman. Par essence plus vaste, plus riche de personnages, il a néanmoins conservé l'esprit de l'oeuvre originale et nous entraîne à vivre puis à partager avec Pierre-Roger de Cabaret, Raymond de Termes, Raymond VI comte de Toulouse et d'autres, l'étrange destinée d'une histoire d'amour maudite, étroitement liée à une autre histoire d'amour, celle-là noyée dans le sang et le feu : celle que vivait le peuple du Midi avec l'hérésie cathare, la tolérance et la liberté.

 

Table des matières

En l'an de grâce 1206, non loin de Carcassonne

En l'an de Notre Seigneur 1208, à Carcassonne, puis au château de Saint-Gilles, en Provence

En l'an de malheur 1209, le 24 juillet, au château de Cabaret

 

Loubatières, 1994, 288 p.

Auteur
Jean-Louis Marteil